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Toxine botulique &
hypertonie du
plancher pelvien

01 · COMMENT ÇA FONCTIONNE ?

Relâcher un périnée qui se contracte trop

Un plancher pelvien symptomatique n’est pas nécessairement faible. Chez certaines patientes, les muscles restent au contraire excessivement contractés. Cette hypertonie peut entretenir une douleur, gêner ou empêcher la pénétration et créer un cercle douleur–contraction–douleur.

La toxine botulique de type A peut être utilisée pour diminuer temporairement l’activité neuromusculaire de muscles hypertoniques lorsque cette composante est clairement identifiée. L’objectif n’est pas d’anesthésier la région ni de masquer la douleur : il est de traiter une composante musculaire identifiée.

02 · POUR QUI ? POUR QUELLES SITUATIONS ?

Dans quelles situations ?

PRINCIPALES SITUATIONS À EXPLORER

Elle peut être envisagée dans certaines situations de :

  • hypertonie ou spasmes du plancher pelvien ;
  • dyspareunie à composante musculaire ;
  • vaginisme sélectionné ;
  • douleur myofasciale pelvienne.

Dans la vestibulodynie, elle ne traite pas directement le tissu vestibulaire : elle peut cibler l’hypertonie réflexe associée. Dans l’endométriose, elle ne traite pas les lésions d’endométriose ; elle peut uniquement viser un spasme documenté du plancher pelvien associé à la douleur.

Endométriose avec douleur persistante et spasme du plancher pelvien

La toxine botulique ne traite pas les lésions d’endométriose. Chez certaines femmes, un spasme secondaire du plancher pelvien devient cependant une source de douleur à part entière. Un essai randomisé de phase II publié en 2026 dans ce sous-groupe très sélectionné a montré un signal favorable à un mois. Ce résultat est encourageant mais ne doit pas être généralisé à toutes les douleurs d’endométriose.

Endométriose & douleur pelvienne → · Après une chirurgie gynécologique ou pelvienne →

03 · COMMENT SE DÉROULE LE TRAITEMENT ?

Déroulement du traitement

Le traitement est précédé d’une évaluation destinée à confirmer qu’une hyperactivité musculaire participe réellement aux symptômes et à identifier les muscles concernés. La page patient ne publie ni dose ni protocole d’injection ; le ciblage et le suivi sont individualisés.

04 · En savoir plus

Pourquoi l’associer souvent à la physiothérapie ?

La logique est : réduire temporairement le spasme → faciliter le relâchement → poursuivre la rééducation → essayer de pérenniser un fonctionnement plus normal.

Ce qu’on peut raisonnablement attendre

En pratique clinique, chez des patientes présentant une hypertonie périnéale clairement identifiée, des améliorations parfois très importantes sont observées sur les douleurs musculaires, la dyspareunie et certaines formes de vaginisme. Cette observation relève de l’expérience clinique et doit rester distincte des données publiées.

Quand ce traitement n’est-il pas approprié ?

La toxine botulique n’est pas un traitement d’une douleur vulvaire ou pelvienne indifférenciée. Elle n’agit pas directement sur une muqueuse fragile, une dermatose, une infection ou une anomalie anatomique.

05 · Études & sources

Les données montrent un effet biologique clair sur l’hyperactivité musculaire et un signal clinique favorable sur la douleur et la dyspareunie chez certaines patientes. Les anciens essais contrôlés dans la vestibulodynie étaient discordants. Un essai randomisé publié en 2026, utilisant un ciblage musculaire guidé par électromyographie, a toutefois montré une réduction supérieure de la douleur par rapport au placebo à trois mois. Cette évolution suggère que la sélection du mécanisme, la dose, les muscles ciblés et la précision de l’injection peuvent être déterminants.

Le principal enjeu scientifique n’est probablement plus de demander si la toxine « fonctionne ou ne fonctionne pas » indistinctement, mais de mieux définir les indications, les patientes répondeuses et les protocoles optimaux.

📚 Sources scientifiques

  1. Abbott JA, Jarvis SK, Lyons SD, Thomson A, Vancaille TG. Botulinum toxin type A for chronic pain and pelvic floor spasm in women: a randomized controlled trial. Obstet Gynecol. 2006;108(4):915–923. PMID 17012454.
  2. Meister MR, Brubaker A, Sutcliffe S, Lowder JL. Effectiveness of Botulinum Toxin for Treatment of Symptomatic Pelvic Floor Myofascial Pain in Women: A Systematic Review and Meta-analysis. Female Pelvic Med Reconstr Surg. 2021;27(1):e152–e160. PMID 32301801.
  3. Spruijt MA, Klerkx WM, Kelder JC, Kluivers KB, Kerkhof MH. The efficacy of botulinum toxin A injections in pelvic floor muscles in chronic pelvic pain patients: a systematic review and meta-analysis. Int Urogynecol J. 2022;33(11):2951–2961. PMID 35362767.
  4. Knapman BL, Li FG, Deans R, Nesbitt-Hawes E, Maheux-Lacroix S, Abbott J. Botulinum Toxin for the Management of Pelvic Floor Tension Myalgia and Persistent Pelvic Pain: A Systematic Review and Meta-analysis. Obstet Gynecol. 2024;143(1):e7–e17. PMID 37797336.
  5. Spruijt MA, Klerkx WM, Notten K, et al. The Efficacy of Botulinum Toxin A Injection in Pelvic Floor Muscles in Chronic Pelvic Pain Patients: A Double-Blinded Randomised Controlled Trial. BJOG. 2025;132(3):297–305. PMID 39539076.
  6. Parenti M, Degliuomini RS, Cosmi E, et al. Botulinum toxin injection in vulva and vagina. Evidence from a literature systematic review. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2023;291:178–189. PMID 38353087.
  7. Pelletier F, Gallais Sérézal I, Puyraveau M, et al. Electromyography-guided botulinum toxin injections in provoked vestibulodynia: a randomized double-blind placebo-controlled clinical trial. Am J Obstet Gynecol. 2026;234(5):1362–1369. PMID 41419152.
  8. Karp BI et al. Endometriosis-associated chronic pelvic pain with pelvic floor spasm, phase II randomized trial. PMID 41551998. DOI 10.1016/j.eclinm.2025.103740.

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