01 · COMMENT ÇA FONCTIONNE ?
Une approche autologue : vos propres plaquettes comme source de médiateurs biologiques
Le PRP — plasma riche en plaquettes est préparé à partir du propre sang de la patiente. Il ne contient ni hormone ni produit de comblement. Après préparation, une fraction concentrée en plaquettes est utilisée dans la zone que l’on souhaite traiter.
Les plaquettes libèrent différents médiateurs biologiques impliqués dans la réparation tissulaire, l’angiogenèse, le remodelage de la matrice extracellulaire et la modulation de l’inflammation. Le PRP n’est donc pas une procédure unique ayant la même finalité partout : l’objectif dépend de la région traitée et du mécanisme identifié.
02 · POUR QUI ? POUR QUELLES SITUATIONS ?
Dans quelles situations peut-il être envisagé ?
Symptômes vulvo-vaginaux et atrophie
Des essais récents rapportent des améliorations de symptômes vulvo-vaginaux et de fonction sexuelle chez certaines femmes présentant une atrophie vulvo-vaginale. Le PRP peut donc être discuté comme approche non hormonale ou complémentaire chez des patientes sélectionnées, sans être présenté comme un traitement standard universel.
Douleurs vulvo-vestibulaires
Le PRP peut être envisagé dans certaines douleurs vulvo-vestibulaires lorsqu’une composante tissulaire ou inflammatoire paraît pertinente. Les données spécifiques à la vestibulodynie sont encourageantes mais restent moins nombreuses que pour d’autres indications.
Fonction sexuelle, région clitoridienne et périclitoridienne
Le PRP peut être utilisé dans différentes régions vulvo-vaginales, y compris clitoridiennes et périclitoridiennes. Plusieurs études rapportent des améliorations de différents domaines du FSFI, notamment l’excitation et l’orgasme. Ces résultats sont encourageants, mais le PRP ne doit jamais être présenté comme un « traitement de l’orgasme » ni comme une garantie de réponse.
PRP capillaire
Le PRP peut aussi être utilisé dans certaines formes de chute de cheveux, particulièrement l’alopécie androgénétique. Une association avec la photobiomodulation peut être envisagée lorsque les mécanismes ciblés sont complémentaires.
Ce qu’on peut raisonnablement attendre
L’objectif est d’améliorer l’environnement biologique local et les processus de réparation. Selon l’indication, les études rapportent des améliorations de symptômes, de douleur, de paramètres de santé vulvo-vaginale ou de fonction sexuelle. L’intensité et la durée du bénéfice varient d’une patiente à l’autre.
Quand le PRP n’est-il pas la réponse appropriée ?
Le PRP ne remplace pas :
- un traitement hormonal lorsqu’un déficit hormonal constitue le mécanisme principal ;
- la physiothérapie ou une prise en charge neuromusculaire lorsque le problème est principalement musculaire ;
- le traitement d’une infection, d’une dermatose ou d’une autre affection spécifique ;
- une correction chirurgicale lorsqu’une anomalie anatomique clairement corrigeable explique la plainte.
Après un cancer du sein
Une étude prospective pilote publiée en 2025 chez 20 survivantes d’un cancer du sein, dont plusieurs recevaient encore un traitement endocrinien, rapporte une amélioration de plusieurs paramètres du SGUM, de santé vaginale, de fonction sexuelle et de qualité de vie, sans événement indésirable grave. L’étude était non contrôlée : il s’agit de données pilotes encourageantes, pas d’un standard ni d’une démonstration de sécurité oncologique à long terme.
Cancer du sein & santé intime →
Sexualité, excitation et orgasme
Plusieurs études cliniques rapportent une amélioration de la fonction sexuelle après PRP vulvo-vaginal, avec une progression de différents domaines du FSFI, notamment le désir, l’excitation, la lubrification, la douleur et, dans certaines études, l’orgasme. Ce signal clinique est réel, mais il ne permet pas encore d’affirmer un effet spécifique et direct sur la sensibilité clitoridienne ou les mécanismes de l’orgasme.
Une diminution de la douleur ou de la sécheresse et une amélioration de la lubrification ou de l’excitation peuvent secondairement faciliter l’accès à l’orgasme. Les mécanismes neurovasculaires spécifiques restent à l’étude.
Sexualité & sensibilité → · Après une chirurgie gynécologique ou pelvienne →
03 · COMMENT SE DÉROULE LE TRAITEMENT ?
Déroulement du traitement
La zone et la stratégie d’injection sont déterminées après évaluation en fonction de l’indication et de l’anatomie. La page patient ne publie ni protocole technique détaillé ni paramètres professionnels.
04 · En savoir plus
Une famille de traitements, pas une procédure standardisée
Les protocoles de PRP varient : préparation, concentration plaquettaire, présence ou non de leucocytes, activation, sites et techniques d’injection. Cette hétérogénéité explique en partie pourquoi les résultats ne peuvent pas être extrapolés automatiquement d’une étude ou d’une indication à une autre.
Associer uniquement lorsqu’il existe plusieurs mécanismes
On n’associe pas des traitements parce qu’ils sont disponibles. On les associe lorsqu’il existe plusieurs mécanismes à traiter. Une association PRP + photobiomodulation peut par exemple être cohérente lorsque l’on souhaite agir sur des mécanismes biologiques complémentaires ; elle ne doit pas être présentée comme systématiquement supérieure.
Questions fréquentes
Le PRP contient-il des hormones ?
Non. Il s’agit d’un produit autologue préparé à partir du sang de la patiente.
Le PRP améliore-t-il forcément l’orgasme ?
Non. Des études rapportent une amélioration de plusieurs domaines de fonction sexuelle chez certaines patientes, mais aucun résultat individuel ne peut être garanti.
Le PRP traite-t-il toutes les vestibulodynies ?
Non. La vestibulodynie est multifactorielle. Le PRP peut être cohérent lorsqu’une composante tissulaire ou inflammatoire participe au tableau, souvent dans une prise en charge multimodale.
PRP et plaisir sexuel : pourquoi autant d’intérêt ?
Des études préliminaires ont rapporté des améliorations mesurables de la fonction sexuelle, y compris dans certains travaux du domaine orgasmique du FSFI. Mais améliorer un score d’orgasme ne démontre pas nécessairement une action directe du PRP sur l’orgasme : les différentes dimensions de la réponse sexuelle sont interdépendantes.
Les injections clitoridiennes, péri-clitoridiennes ou de la paroi vaginale antérieure ont aussi été commercialisées sous des appellations propriétaires telles que O‑Shot®. Ces dénominations ne correspondent pas à un protocole PRP standardisé ni à une efficacité spécifique établie indépendamment de la technique commerciale. L’existence d’une structure anatomique autonome et reproductible correspondant à un « point G » n’est pas établie.
05 · Études & sources
Les données disponibles sont encourageantes, mais les indications et protocoles doivent encore être mieux standardisés. L’hétérogénéité des préparations et des techniques limite les comparaisons directes entre études. Cette incertitude ne signifie pas absence d’efficacité : prometteur ≠ prouvé, mais insuffisamment prouvé ≠ inefficace.
📚 Sources scientifiques
- Abdel Hamid et al. Essai randomisé sur le PRP dans l’atrophie vulvo-vaginale. BMC Women's Health. 2025. PMID 41291715.
- Essai randomisé sur l’injection vaginale de PRP et la fonction sexuelle. 2026. PMID 41855531.
- Dankova I, et al. Étude sur le PRP autologue et la fonction sexuelle féminine. 2023. PMID 38001920.
- De Ponte A, et al. Platelet-rich plasma in the management of vulvovaginal disorders. J Sex Med. 2026;23(1):qdaf307. PMID 41168677. DOI 10.1093/jsxmed/qdaf307.
- Kieling L, et al. An Bras Dermatol. 2024;99(6):847–862. PMID 39013743.
- Perez SM, et al. Dermatol Surg. 2025;51(2):179–183. PMID 39404126.
- Chen AH et al. PRP for GSM in Breast Cancer Survivors. Obstet Gynecol. 2025. PMID 40966714. DOI 10.1097/AOG.0000000000006081.
- PRP vulvovaginal systematic review. J Sex Med. 2026. PMID 41168677. DOI 10.1093/jsxmed/qdaf307.
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